Néron

Place Saint-Géry, 1000 Bruxelles, Belgium

Néron

Place Saint-Géry
1000 Bruxelles

lat : 50.8482368
lng : 4.347496

GO

Date de création

Auteur
Marc Sleen

Maison d'édition
Standaard

Superficie
40 m²

Réalisateur
Art Mural

 

Au sommet de cette pyramide, triomphe Néron, le héros de la bande dessinée néerlandophone éponyme. Les deux feuilles de persil derrière son oreille faisant office de couronne de laurier lui rappellent qu’il était autrefois persuadé d’être l’empereur romain du même nom… Ensuite, madame Pheip est exceptionnellement représentée sans sa pipe, sur les épaules de monsieur Pheip, bourgmestre francophone du village flamand de Néron. Tout le monde est soutenu par le costaud Jan Spier (« Jean Muscle »). A gauche de la fresque, on aperçoit Boulette et Bambou, les enfants adoptés par les Pheip. A droite, le fils génie de Néron, Adhémar, observe attentivement la scène. A l’arrière-plan, le détective Fouchet est à la recherche d’indices…

Néron perché sur l’arbre s’émerveille devant quatre petits oiseaux. L’auteur de Néron, Marcel Neels dit Marc Sleen, était lui-même passionné par le monde animal et voyagea de nombreuses fois en Afrique, un continent qu’il représente de manière caricaturale dans ses albums.

Créé en 1947 dans le journal belge néerlandophone De Nieuwe Gids Néron est un Belge banal dans une série où les caricatures s’accumulent dans une ribambelle de personnages pleins de fantaisie. « Néron, c’était du burlesque et de l’absurde », explique son auteur. Ce qui a fait son succès, ce sont les références à l’actualité et les parodies de dirigeants internationaux célèbres ou notoires comme Margaret Thatcher, Fidel Castro, Joseph Staline ou Saddam Hussein, mais aussi du groupe de musique pop The Beatles par exemple. La bande dessinée de Néron, destinée aux adultes, est ainsi un condensé de l’actualité d’après-guerre en Belgique.

Dans les années 1970, les stéréotypes sexistes véhiculés par la série sont ouvertement dénoncés par une série d’observateurs et d’observatrices. Néron passe son temps affalé devant la télévision, laissant son épouse s’occuper de la maison. Elle n’est d’ailleurs pas représentée sur la fresque… Contrairement à madame Pheip, une femme de poigne dominant son mari. Questionné sur ces représentations sexistes, l’auteur déclare dans les années 1970 qu’il préfère voir les femmes dans leur foyer. En 2012, il explique : « Désolé si je me trompe, mais je le pense toujours. […] Le rôle d’une femme est beau en tant que mère, alors que maintenant elles veulent gagner plus que leur mari et prennent une nounou. » (lire l’article en néerlandais).

Les représentations racistes faisaient aussi l’objet de vives contestations, notamment le fils adoptif des Pheip appelé « Bambou », les personnages noirs représentés de façon caricaturale ou les femmes Arabes décrites en « profiteuses » des aides sociales et de l’hôpital. A cela, il répond : « À cette époque [jusqu’en 2002], on critiquait tout. On n’avait pas le droit de se moquer des Noirs ou des prêtres, et à la fin, je n’avais même pas le droit de me moquer des Arabes, des Wallons et certainement pas des Flamands… ». Lors de cette interview en 2012, la série est déjà arrêtée depuis 10 ans.