Yoko Tsuno

Rue Terre-Neuve 25, 1000 Bruxelles, Belgium

Yoko Tsuno

Rue Terre-Neuve 25
1000 Bruxelles

lat : 50.8426141
lng : 4.3473029

GO

Date de création

Auteur.trice
Roger Leloup

Maison d'édition
Dupuis

Superficie
32 m²

Réalisateur
Art Mural

 

Yoko Tsuno est une ingénieure en électronique d’origine japonaise qui vit de nombreuses aventures sur terre, dans l’espace et à travers le temps également. Douée en sciences, en mécanique et en technologies, elle ressemble en ce sens à Natacha, qui est également capable de piloter un hélicoptère et de parler plusieurs langues par exemple. Intelligentes, célibataires, courageuses et autonomes, ces deux héroïnes occupent une place réservée jusque-là aux personnages masculins.

Apparue en 1970 dans le journal Spirou et dès l’année suivante en album, Yoko Tsuno est créée par le dessinateur verviétois Roger Leloup dans un contexte où la bande dessinée présentait principalement des héros masculins. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la bande dessinée est le reflet d’une société où les femmes sont assignées au foyer et au rôle de mère. Au conservatisme catholique présent dans des revues belges vient s’ajouter la loi française de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse qui permet de censurer des bandes dessinées sous le prétexte qu’elles « démoralisent » les lecteurs. Les personnages féminins sont alors cantonnés à des postes secondaires voire tournés en ridicule (La Castafiore de Tintin, Tante Sidonie de Bob et Bobette…).

Depuis le milieu des années 1960, la bande dessinée connaît une nette transformation des arsenaux narratifs, thématiques et esthétiques en phase avec les mouvements contestataires de l’époque et de l’évolution des mœurs. Avec Natacha apparue quelques mois plus tôt, Yoko Tsuno fait partie des premières bandes dessinées présentant une femme comme personnage principal. L’éditeur historiquement catholique Dupuis semblait soucieux de toucher un lectorat familial à l’air du temps et aux évolutions récentes du mode d’expression.

Yoko Tsuno est une série qui se revendique douce et humaniste. L’héroïne est maternelle et prend soin de son entourage. Ses deux amis qui l’accompagnent, Vic et Pol, sont les seuls personnages masculins récurrents de la série.

Roger Leloup a été un assistant important pour Jacques Martin puis pour Hergé sur plusieurs albums de Tintin pendant quinze ans, avant de se lancer dans sa propre série. Dans une interview, il explique alors : « J’ai vécu la guerre et son cortège d’horreurs. J’ai vu des pupitres vides à l’école lorsque les enfants porteurs d’une étoile jaune ne revenaient pas. J’ai vu ma mère pleurer pendant quatre ans et mon père revenir du combat avec un œil en moins et le scorbut. J’ai vu tout ça et je n’ai aucun goût pour le morbide : quand je suis devenu auteur de BD, je n’ai eu aucune envie de replonger dans de telles atrocités ».[1]

La précision des détails dans Yoko Tsuno est également le reflet des passions de son auteur : les tenues portées par Yoko Tsuno, les engins, les décors, tout est méticuleusement documenté et précisément reproduit, agrémentant la qualité graphique de la série.

Cette fresque a été inaugurée en présence du ministre bruxellois en charge de la Recherche scientifique de l’époque, afin d’encourager les jeunes femmes à choisir des carrières scientifiques, un secteur où elles sont largement sous-représentées.

[1] https://www.yokotsuno.com/fr/interviews_servante.html

 

Scénariste : Roger Leloup (1933-)

Dessinateur : Roger Leloup (1933-)

Maison d’édition : Dupuis

Année de création de Yoko Tsuno : 1968