Lucky Luke

Rue de la Buanderie, Brussels, Belgium

Lucky Luke

Rue de la Buanderie - Rue T'Kint
1000 Bruxelles

lat : 50.8469497
lng : 4.3415308

GO

Date de création

Auteurs
Morris, René Goscinny

Maison d'édition
Dupuis - Dargaud

Superficie
180 m²

Réalisateur
Art Mural

« L’homme qui tire plus vite que son ombre », l’expression qui résume Lucky Luke est représentée sur la fresque… Ce cowboy aux couleurs du drapeau belge arpente l’Ouest étasunien accompagné de son cheval Jolly Jumper. Il vient en aide aux shérifs débordés, notamment pour arrêter les frères Dalton. Ceux-ci ont réellement existé et défrayé la chronique entre 1890 et 1892. Inspirant Morris, le scénariste de Lucky Luke, les frères Dalton apparaissent dans l’histoire Hors-la-loi (1951). Lucky Luke les élimine, mais leurs cousins (fictifs) apparaissent pour les venger. Le plus petit est Joe, vient ensuite William, Jack et Averell.

Lorsque Morris s’associe avec le dessinateur René Goscinny en 1957, ils utilisent l’idiotie comme principal ressort humoristique et parodient les westerns de l’époque. Par exemple, le berger allemand Rintintin était un héros de film dans les années 1950. Morris et Goscinny ont alors introduit dans Lucky Luke, Rantanplan, un chien totalement stupide… Mais en s’inspirant des westerns, les auteurs ont également reproduit un univers masculin stéréotypé et la sous-représentation de personnages féminins, comme sur cette fresque où figurent cinq hommes blancs, solitaires et armés.

Ceci est en partie dû au contexte franco-belge de la bande dessinée. Lucky Luke est créé en 1946 dans un hors-série du journal Spirou. Trois ans plus tard, une loi française sur les publications destinées à la jeunesse permet de censurer des bandes dessinées sous le prétexte qu’elles « démoralisent » la jeunesse. Les éditeurs et les auteurs francophones belges ayant besoin du marché français, s’auto-censurent de façon préventive et suppriment les personnages féminins de leurs œuvres. Mais déjà avant la loi de 1949, la bande dessinée était le reflet de la société d’après-guerre, où les femmes étaient assignées au foyer et au rôle de mère. Elles n’étaient donc déjà pas très présentes dans la bande dessinée belge en règle générale.

Lorsque des personnages féminins apparaissent dans Lucky Luke, elles sont femmes à marier ou danseuses de cabaret, contribuant ainsi à véhiculer les stéréotypes sexistes des westerns, à l’exception de la célèbre cowgirl surnommée Calamity Jane qui sauve Lucky Luke dans les premières pages de l’album éponyme en 1967.

Par ailleurs, Lucky Luke a fait l’objet en 2019 de vives critiques au Canada où il a été accusé de véhiculer des représentations stéréotypées des peuples autochtones.